Dans la grande tradition des clowns !

Lulu et Chichili : le clown et l'auguste

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Des chanteurs, musiciens, magiciens et comiques pour animer vos soirées !

Le clown et l'auguste

La tradition du clown et de l'auguste

Le clown au cirque

Même si les clowns se sont inspirés de personnages anciens, particulièrement ceux de la Commedia dell’arte (genre de théâtre populaire italien où des acteurs masqués improvisent des comédies marquées par la naïveté, la ruse et l'ingéniosité ; ce genre est apparu avec les premières troupes de comédie avec masques, en 1528), le clown proprement dit est une création relativement récente. Il apparaît pour la première fois en Angleterre au 18ème siècle, dans des cirques équestres. Les directeurs de ces établissements engagèrent des garçons de ferme qui ne savaient pas monter à cheval. Ils leur mirent des costumes grotesques et leur demandèrent de faire des apparitions entre les numéros des véritables cavaliers qui, eux, avaient de beaux habits de lumière. Comme ils avaient l’air très maladroit et un peu stupide, cela fit beaucoup rire.

Le plus connu de ces clowns anglais fut Jean-Baptiste Auriol (1806 -1881), appelé aussi « l’homme oiseau » ; il améliora les exercices des débuts en étant agile et drôle.

Cirque équestre - Lulu & Chichili - Corseaux

Les clowns apparaissaient après les numéros présentés en se moquant de ceux-ci ; cela s’appelle les « reprises ». Quant aux numéros de clowns, plus longs et créés par ceux-ci, ils s’appellent les « entrées ». On retrouve toujours ces deux types d’intervention des clowns dans les cirques d’aujourd’hui.

Jusqu’en 1860, seuls les comédiens dans les théâtres avaient le droit de parler ; ensuite, le dialogue fut aussi autorisé dans la piste de cirque. Dès ce moment-là, les clowns parleurs apparaissent: ils sont moins acrobates, de plus en plus distingués, adoptant des vêtements aux tissus nobles et brillants, de plus en plus lourds, et surtout, ils deviennent moins drôles. Le clown parleur fait alors équipe avec l’auguste qui sera dès lors le personnage comique par excellence, le clown servant de faire-valoir. C’est la configuration que l’on connaît aujourd’hui. Parmi les créateurs du genre clown et auguste, on peut citer Footit et Chocolat, ainsi qu'Antonet et Béby.

L’auguste peut aussi travailler seul sans le clown « pailleté », proposant parfois à un spectateur de lui servir de partenaire.

Même si le cirque reste leur monde, on peut aussi voir des clowns au théâtre, au cinéma et à la télévision.

Les clowns pratiquent de nombreuses disciplines; ils ont bien sûr tous leurs spécialités, mais souvent ils font de la musique, parfois avec des instruments originaux (cloches, scies musicales, bouteilles, casseroles, trompette à klaxons etc…), de l’acrobatie, des cascades, de la magie et en général, ils ont un côté poétique. Il faut noter que les clowns travaillent beaucoup leur différentes techniques: par exemple, les cascades doivent être soigneusement entraînées, un clown ne se jette pas parterre n’importe comment, il se ferait mal à coup sûr. D’autre part, quand un clown fait volontairement mal un exercice en piste pour le rendre drôle, c’est qu’il le maîtrise très bien en répétition.

Les clowns doivent être capable de faire rire tout le monde, adultes comme enfants, car au cirque le public est mélangé. Chacun peut s’identifier à l’un ou l’autre des personnages, car le rapport entre le clown et l’auguste rappelle souvent, de manière un peu caricaturale, celui du parent et de l’enfant, du professeur et de l’élève, du patron et de l’employé…


Types de clowns

Le clown blanc

On l’appelle le clown (« clown blanc » étant un pléonasme), il est vêtu d’un costume nommé le  « sac », qui est très travaillé, avec des broderies, des paillettes et des strass;  il porte des bas blancs et des gants. Son chapeau porte le nom dont il a la forme, un « cône ». Elégant, digne et sérieux, il est parfois autoritaire et souvent paternaliste avec son partenaire, qui reste néanmoins toujours son complice. Souvent, il cherche à réaliser une performance que l’auguste viendra perturber. Ou alors, il va essayer de faire une farce à l’auguste. On le reconnaît à son visage blanc, son ou ses sourcils noirs qui sont la caractéristique de son maquillage, et qu’on appelle la « signature »: celle-ci différencie chaque clown. Il a parfois un point noir, une « mouche », sur la joue ou sur le menton. Il maquille aussi ses yeux et met du rouge à lèvres; enfin, son nez est souligné en rouge. Ce maquillage peut prendre plus d’une heure.

Le clown Blanc - Lulu & Chichili - Corseaux

L’auguste

L’origine du mot « auguste » viendrait du patois berlinois (capitale de l’Allemagne): il s’agirait d’un garçon de piste (personne qui amène et installe le matériel des artistes), qui aurait trop bu eLes Rastelli - Lulu & CHichili - Corseauxt qui, à son entrée en piste, trébuchant et provocant les rires du public, se serait fait traiter d’«auguste », c'est-à-dire de bêta. Il porte un costume trop grand s’il est petit ou trop petit s’il est grand. L’auguste met en valeur ses particularités, voire même ses défauts, qui deviennent alors des qualités. Ses pieds sont très grands, il est maladroit, naïf,  parfois un peu impertinent mais jamais vulgaire. Même s’il fait preuve de bonne volonté, ses bêtises perturbent le spectacle mais font rire les petits et les grands.

Il y a deux sortes de maquillages: à l’américaine, gros nez rouge, de grands yeux et une grande bouche avec un énorme sourire. Ce maquillage est prévu à la base pour les grands cirques de trois ou quatre pistes ; le public étant assez éloigné, l’artiste doit travailler avec une grande gestuelle et les petites expressions du visage ne se voient pas.

Pipo Sosman (junior) - Lulu & Chichili - Corseaux

A l’européenne, le maquillage est beaucoup plus fin, il sert à souligner toutes les mimiques du visage: le nez, toujours rouge, est plus ou moins gros et parfois même il est juste maquillé; la lèvre inférieure est marquée soit en rouge soit en blanc, les paupières sont blanches et les deux sourcils sont soit marqués en noir, soit cachés et rehaussés en noir.

A noter que tous les clowns traditionnels n’utilisent que trois couleurs de maquillage : le noir, le rouge et ses nuances, et le blanc. Ce sont des couleurs naturelles que l’on retrouve chez tout le monde.

Le contre-pitre

Il est le second de l’auguste et son contre-pied. « Auguste de l’auguste », c’est un clown gaffeur qui ne comprend rien, oublie tout et dont les initiatives se terminent en catastrophe. Son costume et son maquillage sont ceux d’un auguste.

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Quelques clowns connus (liste non exhaustive) :

Suisse :

Grock, les Chiky’s, Piu’s Nock, Galetti, Pic, Dimitri, Andreff, Gaston et Roli.

France :

Les Fratellini, Footit et Chocolat, Rhum, Antonet et Béby, Alex, Porto, Pipo Sosman, Annie Fratellini, Pierre Etaix, les Barios, Achille Zavatta, les Rossyann, Alexis et André Grüss.

Italie :

Les Rastelli, Fumagalli, David Larible.

Espagne :

Charlie Rivel.

Russie :

Oleg Popov, Slava, les Licedei, Jigalov.

Etats-Unis :

Lou Jacobs, Jango Edwards.

Sources :

  • Fabri, J. et Sallée, A. (1984). Clowns & Farceurs. Milan : Bordas.
  • Levy, P. R. (1991). Les clowns et la tradition clownesque. Sorvilier (CH) : Editions de la Gardine.
  • Stephan, B. et Bararud, D. (2008). Le cirque. Fontenay-aux-Roses : Editions Palette
  • Les merveilleux cours d’art clownesque d’Annie Fratellini (1980-84 Ecole Nationale du Cirque)
  • Le  « père d’élève » de Chichili: le clown Rolando.
  • Wikipédia, Circopedia Wikipédia, Le cirque (Editions Palette).